Semblerait-il,
du moins je l'ai entendu, à partir des statistiques lesquelles, avouons-le, font
office d'autorité, que les étudiants dans les classes normales, ont un bien
meilleur français parlé qu'anciennement. Quand il est question de grammaire, de
syntaxe ou d'écho de la grande littérature, la situation est différente. Est-ce
iconoclaste de se demander si les sujets amorcés nous intéressent?
De quoi
garnissons-nous nos échanges? Faisons-nous une distinction selon
l'interlocuteur? Qu'avons-nous d'éléments communs pour engager la conversation?
La santé? Encore faut-il que les personnes aient plus de cinquante ans, puisque
c'est à ce moment de la vie que la pratique des moyens de prévention devient
importante.
Les
changements climatiques? Devrons-nous nous faire taxer de laxisme en toute
impunité, puisque notre âge nous apparie aux manques de précaution des
responsables antérieurs?
L'économie?
Avons-nous eu les éléments de compréhension pour critiquer les choix
stratégiques, lesquels ont été décidés pendant que nous étions existants,
certes, même si nous n'étions pas nécessairement au courant ni même conscients
des conséquences à paraître éventuellement?
La religion,
la politique, la multiplication des visages nouveaux qui rendent notre paysage
si intéressant pour les autres, mais pas nécessairement pour nous?
Que
cherchons-nous à retrouver dans les discours de nos descendants? Un écho de ce
dont nous nous rappelons avoir vécu, trouvé important, ou encore, que nous
aimerions pouvoir signer? En termes que nous reconnaîtrons, voulons-nous la
forme ou le contenu?
Où loge la
nostalgie?
Denise Imbeau (14 mai 2008)
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Nous
n’avons pas à nous inquiéter de ce dont nous parlerons. La créativité qui nous
habite fera elle-même vibrer nos cordes vocales pour exprimer ce qu’il y a de
plus intelligent à dire dans le moment présent. Sinon, ce sera le passé qui
reviendra à la charge et il ne mérite pas toujours qu’on le laisse se répéter
indéfiniment. Nous créerons ainsi petit à petit un monde nouveau, libéré de
toute nostalgie et nos jeunes, j’en suis sûr, contribueront avec plaisir à nos
efforts pour laisser libre cours à une nouvelle intelligence qui veut prendre
sa place dans la construction d’un environnement vraiment favorable à l’être
humain. La nouvelle parole nous informera de ce qui est nécessaire à la
véritable évolution de l’Homme.
Amitiés,
François (21 mai 2008)
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