Le temps de parler

 

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Nouvelle intelligence, François Simard


Parler pour parler

Semblerait-il, du moins je l'ai entendu, à partir des statistiques lesquelles, avouons-le, font office d'autorité, que les étudiants dans les classes normales, ont un bien meilleur français parlé qu'anciennement. Quand il est question de grammaire, de syntaxe ou d'écho de la grande littérature, la situation est différente. Est-ce iconoclaste de se demander si les sujets amorcés nous intéressent?

De quoi garnissons-nous nos échanges? Faisons-nous une distinction selon l'interlocuteur? Qu'avons-nous d'éléments communs pour engager la conversation? La santé? Encore faut-il que les personnes aient plus de cinquante ans, puisque c'est à ce moment de la vie que la pratique des moyens de prévention devient importante.

Les changements climatiques? Devrons-nous nous faire taxer de laxisme en toute impunité, puisque notre âge nous apparie aux manques de précaution des responsables antérieurs?

L'économie? Avons-nous eu les éléments de compréhension pour critiquer les choix stratégiques, lesquels ont été décidés pendant que nous étions existants, certes, même si nous n'étions pas nécessairement au courant ni même conscients des conséquences à paraître éventuellement?

La religion, la politique, la multiplication des visages nouveaux qui rendent notre paysage si intéressant pour les autres, mais pas nécessairement pour nous?

Que cherchons-nous à retrouver dans les discours de nos descendants? Un écho de ce dont nous nous rappelons avoir vécu, trouvé important, ou encore, que nous aimerions pouvoir signer? En termes que nous reconnaîtrons, voulons-nous la forme ou le contenu?

Où loge la nostalgie?

Denise Imbeau (14 mai 2008)

 

1.    Nouvelle intelligence

Nous n’avons pas à nous inquiéter de ce dont nous parlerons. La créativité qui nous habite fera elle-même vibrer nos cordes vocales pour exprimer ce qu’il y a de plus intelligent à dire dans le moment présent. Sinon, ce sera le passé qui reviendra à la charge et il ne mérite pas toujours qu’on le laisse se répéter indéfiniment. Nous créerons ainsi petit à petit un monde nouveau, libéré de toute nostalgie et nos jeunes, j’en suis sûr, contribueront avec plaisir à nos efforts pour laisser libre cours à une nouvelle intelligence qui veut prendre sa place dans la construction d’un environnement vraiment favorable à l’être humain. La nouvelle parole nous informera de ce qui est nécessaire à la véritable évolution de l’Homme.

 

Amitiés,

François (21 mai 2008)