Le temps de parler

 

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Langue d’enseignement, William Mc Neil


Réminiscences : la langue écrite

Pouvez-vous bien me dire les principales causes de la piètre qualité de la langue écrite chez nos jeunes d'aujourd'hui? Et quand je dis « jeunes », je parle des 18 — 40 ans au moins... Nous, les anciens du cours classique, nous pouvons nous vanter d'avoir appris à écrire parce que nous avons bûché longtemps avec nos analyses logiques et grammaticales, nos compositions, nos dissertations, nos dictées, nos cours de stylistique.

 

Dès la sixième année, ou même la quatrième, si mes souvenirs sont bons, chaque fin de semaine, nous avions une composition à rédiger comme devoir; en huitième et neuvième année, avec les soeurs, c'était la même chose, et cette pratique s'est continuée au séminaire...

 

« Fabricando fit faber... » J'ai connu des jeunes qui, en cinq ans de cours secondaire, ont eu en moyenne deux à trois compositions à faire par année... Ce n'est pas ça que l'on peut appeler de la pratique... Et la lecture... qu'en est-il de la lecture? J'aimerais connaître la moyenne de livres lus par l'ensemble de la clientèle précédemment citée dans une année?

 

Enfin, au moins, l'expression orale, dans l'ensemble, est meilleure qu'elle l'était avant, du moins je crois...

 

Gérald Gaul (8 septembre 2007)

 

Langue d’enseignement

Plusieurs d'entre nous ont oeuvré dans l'enseignement... et ils auront connu la déchéance de l'importance accordée à la qualité d'une langue bien écrite.

 

En 1963, tout professeur de sciences et de mathématiques que je fus, les élèves de Murdochville savaient au départ que, dans mes matières, la qualité de la langue avait son importance et la sanction suivait... et j'avais les connaissances pour sanctionner... C'était alors inimaginable qu'un professeur ne sache pas écrire, sans faute, dans sa langue d'enseignement.

 

... Et à une certaine époque, l'on pouvait échouer au certificat de 7e année du primaire pour des fautes dans une dictée... et c'était une humiliation!

 

Cinquante ans plus tard, on cherche la solution idéale pour éviter que de futurs professeurs, diplômés en pédagogie de l'université... (Ils ont au minimum 16 ans de scolarité), ne se présentent en classe sans maîtriser leur langue d'enseignement.

 

Le frère Dieudonné aurait dit « Ils n'ont rien compris de mon message “Soyez attentifs et vous ne ferez point d'erreurs.” », et le frère Samuel de renchérir en disant « ils ont oublié de se retrousser les manches et de se planter les talons dans la gravelle ».

 

... Et dire qu'un parti politique se gausse de prêcher la séparation pour maintenir la qualité de la langue...

 

« Felix qui potuit rerum cognoscere causas... »

 

William Mc Neil (8 septembre 2007)