Le temps de parler

 

 

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La formation clé de l’évolution , Gilles Imbeau ** Libre Arbitre, François Simard ** La foi en l’intelligence, Alban Arsenault


 

La formation, clé de l’évolution : sujet à exploiter

Je trouve ton idée excellente et je serais peut-être partant pour un groupe qui discuterait ou possiblement qui philosopherait sur l'état de l'Humanité.  Dans un premier temps, nous pourrions y aller de nos idées sur le cheminement fait par l'Humanité, les moyens qui ont été pris pour l’amener où elle en est et ce que nous privilégierions pour en faire ce que nous voulons.

 

En gros, ma théorie est à l'effet que l'éducation est la base de tout. C'est par l'éducation que nous avons formé les cerveaux de l'humanité à croire aux religions, aux valeurs des différentes ethnies, etc., et c'est ce qui a donné du pouvoir à différents leaders à travers le monde pour contrôler des peuples et pour faire des guerres. Et pour y arriver, nous avons pris des générations, des siècles. Si nous voulons apporter du changement selon nos convictions et nos valeurs développées tout au long d'une vie, nous devons nous armer de patience et considérer la vie de l'Humanité, non pas comme la durée d'une vie d'être humain, mais comme la vie de l'Homme à travers les âges. Il faut savoir planter des arbres qui ne seront jamais assez grands pour faire de l'ombre au cours de notre vie personnelle, mais qui changeront le paysage des générations à venir.

 

Alban Arsenault (06-04-2003)


La formation clé de l’évolution

 

Le sujet qu’Alban propose La formation, clé de l’évolution, m’inspire et son plan semble intéressant à exploiter :

 

·        Le cheminement de l’humanité.

·        Les moyens pris pour y parvenir, incluant les motifs de leur mise en œuvre.

·        Les changements à apporter pour transmettre nos convictions et nos valeurs à l’humanité

 

En guise d’introduction, voici quelques éléments de réflexion sur ce qui caractérise l’humanité, son intelligence.

 

Il y a 30 ans, étudiant en paléontologie, Hans Hoffmann, un de mes profs, avait guidé notre réflexion sur la définition de la vie. Nous avions alors compris que la distinction entre les minéraux et les vivants pouvait être résumée par la capacité qu’ont ces derniers d’entrer en contradiction avec les lois du règne minéral, les lois de la physique et de la chimie. L’être vivant est une aberration physico-chimique.

 

Par exemple, nous savons avoir affaire à une cellule vivante si elle maintient activement sa salinité interne à un degré constant et qui est souvent différent du milieu environnant. Une autre manifestation est la capacité du vivant de lutter contre la pesanteur, comme le font les plantes et les animaux qui se tiennent à la verticale.

 

La vie serait ce quelque chose qui pousse une entité à rechercher activement ce qui lui apporte du bien être physique, et à fuir ce qui peut lui être dommageable. Ces caractéristiques comportementales sont transmises par l’hérédité ou acquises par l’expérience.

 

James Lovelock, le père de l’hypothèse de Gaia, suggère que la terre se comporte comme un être vivant. Elle met en œuvre des mécanismes cybernétiques qui maintiennent la composition et la température de l’atmosphère à des taux relativement constants depuis plus d’un milliard d’années. Et ce, en dépit d’une variation de 25 % dans l’intensité du rayonnement solaire. Selon lui, la présence d’un tel système rétroactif est synonyme de vie.

 

Pour pousser un peu plus loin, j’émets l’hypothèse que la caractéristique d’une entité intelligente est sa capacité de modifier activement son comportement à l’encontre des règles de la biologie. Un être intelligent est celui qui incorpore la capacité de fuir ce qui lui apporte du bien être physique et, à rechercher activement ce qui peut lui être dommageable physiquement.

 

Un être intelligent se comporte parfois d’une façon qui pourrait sembler aberrante pour un animal. Son comportement n’est plus dicté uniquement par une cause imposée extérieurement (l’instinct), mais par une cause qui est liée à ses propres concepts.

 

Rudolf Steiner, un disciple de Goethe affirmait que chez l’homme, le comportement est guidé par une volonté intériorisée, alors que chez l’animal, cette volonté est externe et contenue dans une pensée de groupe.

 

Les concepts source du comportement intelligent sont transmis culturellement ou inventés grâce au libre arbitre.

 

Je suis un amateur de Tolkien. Je trouve cette œuvre intéressante parce que ce chercheur tente de produire une synthèse des mythes provenant des civilisations préhistoriques. Plusieurs y voient une œuvre de pure imagination dans laquelle il aurait habilement saupoudré de éléments aidant à la crédibilité. Personnellement, je me plais à y voir une façon digeste de présenter le résultat de recherches sur les anciennes cultures. Un de ses commentateur décrit sa vision du rôle de l’être humain dans le plan de la création. Son point de vue serait que l’humain est la seule créature dotée du libre arbitre. Pour imager son point de vue, je dirais que les anges ont des comportements soit totalement bons, soit totalement mauvais et que l’homme lui, aurait un comportement chaotique. Il peut tricoter la vie à sa guise, alternant comme bon lui semble les deux options. Toujours d’après ce commentateur, le rôle de l’homme en serait un d’arbitrage et qu’il lui incomberait la responsabilité de concilier les deux options.

 

L’homme aurait donc la capacité de créer des concepts qui lui permettent de décider ce qui est bien et ce qui est mal. Ces concepts peuvent être transmis à d’autre humains qui ont alors, l’option de les accepter ou de les rejeter. D’après moi, c’est cet appel au libre arbitre qui fait la distinction entre l’éducation et les autres formes d’apprentissage. Elle s’adresse au fond de l’individu en lui inspirant un sentiment d’intérêt et en suscitant chez lui le désir de transmettre ces connaissances. Ceci est le point de départ d’un développement culturel durable.

 

Une illustration de ce phénomène serait la révolution que vit la culture québécoise avec le rejet en bloc des éléments culturels dogmatiques imposés sous la contrainte. J’y vois un constat d’échec de la méthode traditionnelle de formation « sous la férule du maître ». C’est un constat d’échec de la méthode dite de la « strap »… Les résultats sont rapides, mais éphémères.

 

Le défi pour l’éducation du troisième millénaire sera de parvenir à inspirer une culture adaptative.

 

Par quels cheminements a t’on développé la culture humaine?

 

Par quels moyens y est-on parvenu?

 

Quelles sont nos convictions et nos valeurs qui peuvent devenir partie intégrantes de la culture de demain?

 

Voilà d’immenses sujets qui me semblent des plus intéressants à être exploités.

 

Gilles Imbeau (21-04-2003)

 


 

Libre arbitre

Gilles touche à plusieurs sujets à la fois. Je suis trop paresseux pour reprendre chacune de ses idées et les commenter une à une. Je préfère écrire librement, comme ça vient. Il y est question de transmission de valeurs à nos descendants et élèves ainsi que de libre arbitre. Déjà, il y aurait de quoi remplir un livre et plus.

 

Le libre arbitre existe-t-il vraiment? Bien des fois, on pourrait se le demander. Quand on se met au courant de bien des événements qui se passent tant au Québec que dans le reste du monde, on est en droit de se demander s’ils sont le résultat d’un libre choix ou s’ils ne sont tout simplement pas quelque peu provoqués par quelque force hors du contrôle de ceux et celles qui les produisent. Que ces événements soient positifs ou négatifs, quand ils sont, disons, exceptionnels, si on enquête un peu plus à fond sur les intentions et la volonté des acteurs qui y sont impliqués, on découvre que, bien souvent, ce n’est pas par libre choix que ces gens agissaient.

 

Demandez à quelqu’un qui a sauvé un autre de la noyade s’il a bien réfléchi avant de poser son geste. La plupart du temps, c’est comme si une force invisible l’y avait poussé sans qu’il n’ait eu le temps d’y réfléchir. Ce n’était pas vraiment la mise en œuvre de son libre arbitre. De même, pensons à tous ces crimes passionnels qui se commettent : le libre arbitre y est plutôt mince.

 

Nos pensées sont-elles toujours vraiment le résultat d’un libre choix? N’est-ce pas que la plupart du temps, les pensées nous viennent… C’est comme si un émetteur radio les projetait dans le monde des ondes et que notre cerveau syntonisait cette longueur d’onde à un moment donné. C’est là que l’on pourrait utiliser, au moins partiellement, notre libre arbitre pour décider si oui ou non on acquiesce à la pensée qui s’est présentée et si on est prêt à continuer de la développer volontairement. Ça suppose une conscience toujours présente qui s’aperçoit du phénomène et qui en vient avec le temps et la pratique à être en parfait contrôle de sa pensée. Eh bien, je crois que c’est là la principale valeur fondamentale que l’on devrait transmettre à ceux et celles qui vont prendre notre relève, pour que les êtres humains nouveaux forment vraiment eux-mêmes leurs pensées et qu’ils les créent à leur avantage, à l’avantage réel de l’être humain et non à l’avantage de la mémoire planétaire. Celle-ci nous amènera toujours à tourner en rond et à ne faire que répéter l’Histoire qui contient, bien sûr, des événements très positifs, mais aussi, hélas, de la négativité très peu à l’avantage de la nature humaine.

 

Nous ne vivons pas seulement dans la dualité du bien et du mal. Tout fait partie de la dualité : 2 yeux, 2 narines, 2 oreilles, 2 parties du cœur, 2 parties principales du cerveau, 2 jambes, des gens des 2 sexes, etc. Nous sommes constamment placés devant des choix. Nous avons surtout conscience des choix dans le monde physique, mais il se pourrait fort bien que des choix que nous aurions aimé faire se réalisent eux aussi dans d’autres dimensions. Alors là, ce n’est pas toujours facile de prouver cela scientifiquement selon la science généralement acceptée de nos jours. Il y a donc cet aspect du développement humain qu’il faudrait transmettre à ceux qui viennent après nous : leur faire découvrir dans leurs propres expériences que l’être humain vit dans d’autres dimensions que celles qui sont purement physiques et matérielles. Il faudrait qu’ils découvrent ce qui fait que l’être humain est plus qu’un végétal ou un animal, non seulement dans ses réalisations, mais dans la composition même de sa nature.

 

Je m’arrête ici pour le moment. Si ça vous tente de continuer dans ce sens, vous pouvez constater qu’il y aurait encore beaucoup à dire sur les valeurs à transmettre aux hommes nouveaux que nous projetons dans l’avenir de l’humanité.

 

François Simard (27-04-2003)

 


 

La foi en l’intelligence

J'ai le goût de faire un bout de chemin avec Gilles Imbeau et François Simard.

 

Avant de chercher dans l'au-delà et dans une dimension inconnue les phénomènes qu'on s'explique mal, je crois que nous pouvons encore approfondir le sens et la responsabilité de l'éducation et de la formation.

 

Lorsque nous faisons nos premiers pas, notre cerveau ne nous permet pas encore de faire des relations physiques complexes. L'enfant ne sait pas que pour tenir son équilibre, il faut placer le poids à la verticale au-dessus de ses pieds, et qu'en déplaçant les pieds, on change complètement la dynamique de l'équilibre. Pourtant, l'enfant apprend à marcher sans qu'on lui dise de « placer un pied devant l'autre et de recommencer ». Et, bien entendu, on ne lui dit pas non plus de se servir de ses orteils pour corriger l'équilibre. C'est une partie du cerveau qui travaille de façon inconsciente (on dit par réflexe) et qui tient compte des expériences empiriques de l'enfant.

 

Il en est de même de la parole pour une bonne part. C'est ainsi qu'on apprend à faire du vélo, à se tenir sur les patins, etc. Un de mes professeurs d'université (il y a longtemps!) disait que le siège de l'intelligence n'est pas situé exclusivement dans le cerveau. Les mains et les pieds savent bien quoi faire d'eux-mêmes. Les paupières se ferment automatiquement à l'approche subite d'un objet. Dans tous ces gestes, il ne me semble pas y avoir de place pour le libre arbitre. Cependant, en y pensant bien et en se préparant d'avance on peut changer ces réflexes.

 

À 54 ans, j'ai fait mon cours de pilote d'avion. J’avais déjà acquis des réflexes de chauffeur d'automobile, mais il fallait que je change ces réflexes lorsque j'embarquais dans un avion. Pour tourner, il fallait que le tourne le volant comme dans une auto, mais il fallait également que j'appuie sur les pédales à gauche ou à droite selon le côté où je devais tourner et en plus, il fallait que je tire légèrement sur le volant. Ça ne correspondait pas aux réflexes que j'avais développés pendant 40 ans.

 

Au bout de neuf heures de pratique dans les airs, j'ai fait mon solo. J'avais intégré ces nouveaux réflexes et je n'avais pas besoin d'y penser, pas plus qu'en revenant dans mon auto où je retrouvais instinctivement mes réflexes de chauffeur de véhicule sur la route. Devant un danger, les réflexes étaient instantanés tant dans l'auto que dans l'avion.

 

À mon sens, il en est de même avec les comportements humains, de colère, de charité, etc. Si on forme l'enfant à penser d'une façon, ses réflexes vont de développer dans ce sens.

 

En somme, on décide de préparer notre libre arbitre à agir vite, par réflexe. Mais on décide quand même d'avance des réflexes qu'on veut privilégier. C'est ainsi qu'on a décidé d'avance de sauter à l'eau si quelqu'un est en voie de se noyer ou d'entrer dans la maison pour sauver ses enfants du feu.

 

Regardez maintenant l'influence des religions. C'est une formation ou plutôt un lavage de cerveau qui ne semble pas laisser grande place au libre arbitre. Les catholiques ont tellement cru qu'ils étaient seuls à détenir la vérité qu'ils n'ont pas hésité, par esprit de charité, à faire mourir ceux qui ne pouvaient pas confesser leur foi en Dieu et Jésus-Christ. Ils ont fait une guerre de Religion qui a duré 40 ans (entre 1559 et 1599), et l'Inquisition qui a duré de 1231 à 1834. « Crois ou meurs! » Et tout cela, sous le signe de la charité. C'était pour le salut éternel qu'on le faisait.

 

Aujourd'hui, les islamistes croient dur comme fer que s'ils meurent en « martyrs », en tuant ceux qui ne croient pas en leur religion, ils auront une foule de jeunes filles vierges pour leur bonheur éternel. Difficile à croire qu'on arrive encore aujourd'hui à entrer ça dans le cerveau de tout un peuple. Mais, c'est ça l'éducation.

 

Alors ce qu'il faut pour faire progresser l'humanité, c'est de faire comprendre au plus grand nombre de personnes possible que la logique nous est donnée pour nous en servir. Débarrasser de nos esprits toutes les croyances qui exigent la Foi sans la compréhension me semble une façon de respecter le don de l'intelligence que nous avons reçu.

 

La foi dont parlait Jésus me semblait une foi qui pouvait déplacer des montagnes comme la foi de n'importe quel être humain déterminé à réussir une oeuvre. Quand il a accusé ses apôtres de manquer de foi, c'était plutôt face à sa présence après sa « mort ». Depuis, on se sert de cet épisode pour parler de foi en un Être suprême qu'on définit comme un surhomme infini.

 

Notre intelligence nous dit pourtant qu'en dehors de l'infini, il n'y a rien. Si c'est infini, ça comprend tout. Et nous, où sommes-nous? Hors de l'infini ou dans l'infini. Si nous sommes dans l'infini, Dieu n'est autre que nous tous, catholiques, islamistes, croyants et incroyants, sans oublier tout ce qui est matière ou énergie. Jésus l'a même dit : « Mon père et moi nous ne faisons qu'un » et plus tard : « Tout ce que je fais, vous pouvez le faire », et encore : « Notre Père... » à lui et à nous.

 

Si vous avez le goût de réagir, c'est le temps. Si vous pouvez me faire cheminer et si vous pensez que je suis dans le mauvais chemin, faites-le-moi comprendre. Ne me demandez plus de croire parce que les Grands de la religion en ont décidé ainsi.  Qu'on fasse honneur au peu d'intelligence qui nous a été donné!

 

Alban Arseneault (28-04-2003)