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Autres textes : Mon premier vote…, Denise
Imbeau ** Leçon
d’humilité, François Simard
La seule manière de perdre ses élections, ce serait de
ne pas voter du tout. Avec les méthodes modernes de statistiques et de
pointage, jamais le vote de quelqu’un n’a eu autant d’importance, qu’il vote
pour le gagnant ou pour un des perdants. En effet, on pourra toujours dire,
sans savoir vraiment son nom, qu’un citoyen, dans tel bureau de scrutin, était
plus près des idées de tel ou tel autre candidat… Et, que le vainqueur se le
tienne pour dit, il n’a pas été élu par tous!
Je pense avoir été marqué par ma première
participation à un vote officiel. L’élection qui a suivi mon accession à l’âge
légal, fut l’élection fédérale de 1962. J’arrivais à Québec comme étudiant et
je ne connaissais presque personne, encore moins les candidats qui se
présentaient dans Québec-Ouest. Je n’ai jamais voulu voter pour le chef, que ce
soit Diefenbaker ou Pearson, sans être sûr que celui qui parlerait en mon nom
dans le parti aurait un peu de mon allure. Dans mon comté, si mon souvenir est
bon, il y avait un homme d’affaires supposément retraité qui se présentait
libéral, un vendeur d’autos insignifiant, pour les conservateurs et un médecin
à peu près inconnu pour le Crédit Social.
À la simple lecture de leur « littérature »,
je me suis vite aperçu que le seul qui me semblait faire du sens, était le
fameux docteur. Sauf que, à cette époque, dans mon monde universitaire, le
crédit social était complètement ridiculisé : on riait de la piastre à
Caouette, de la relation trouble qu’il entretenait avec les « bérets
blancs » de Gilberte Côté Mercier, et des problèmes d’unité avec la
branche anglophone du parti. Qu’est-ce qu’un médecin apparemment sensé faisait
dans une telle galère?
Ne voulant pas rater ma première élection et après
avoir hésité jusqu’à la fin, je me suis décidé à voter Crédit social… sans m’en
vanter dans mon milieu, bien sûr! De toute façon, dans ma famille, la
politique, on n’en parlait pas, c’était comme le sexe ou le salaire de papa!
En suivant de loin l’actualité, je me suis rendu
compte que le Dr Marcoux avait été élu. Plus tard, voyant la réalité de la
galère créditiste, il a siégé comme indépendant. Il s’est signalé alors par son honnêteté, votant
vraiment selon sa conscience et non selon une nébuleuse ligne de parti. Bref,
il a fait un travail formidable à la Chambre des communes pendant au moins un
autre mandat. Plus de quarante années plus tard, je ne me souviens pas d’avoir
jamais été aussi bien représenté, et ce, même si je ne suis demeuré à Québec
qu’une seule année!
Voilà pourquoi, toute ma vie durant, j’ai toujours
voté pour la personne du comté qui semblait le plus près de mes intérêts et de
mes valeurs; pas pour son chef. Même si souvent mon candidat n’a pas été élu,
au moins, j’ai toujours eu la conviction qu’une élection signalait mon
existence en cette Société, qui que soit celui qui prenait le pouvoir officiel.
Pierre Imbeau (2003-04-05)
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Ton article sur les élections m’a beaucoup intéressé.
Il faut dire que tu t’exprimes avec beaucoup de clarté. Je dois t’avouer que
j’ai déjà voté Crédit Social moi aussi. Je trouvais justement que les candidats
« crétidisses », comme on les appelait dans le temps, feraient bouger
la bande de parvenus qui se prenaient pour d’autres au parlement d’Ottawa. Et
c’est effectivement ce qu’ils ont fait. Ils ont fait redescendre les députés et
ministres fédéraux sur le plancher des vaches et leur ont fait prendre
conscience des besoins réels du petit peuple.
En ce moment, il s’agit d’une élection provinciale.
J’aime le Québec et j’aimerais bien qu’il soit mon pays à part entière, mais je
ne voudrais pas qu’il soit mené par un petit dictateur affichant des allures de
petit roi baveux qui sait tout et trouve le peuple trop niais pour avoir du
gros bon sens (« Ils n’ont pas compris. Nous allons aller leur
expliquer »). Il est le seul à avoir raison avec sa clique. Dans notre
patelin, nous avons voté à 888 contre la fusion et on n’en a absolument
pas tenu compte. Nos comptes de taxes ont déjà commencé à monter alors que ceux
de la ville à laquelle nous avons été fusionnés de force ont descendu. De plus,
en tant que personne « âgée », après avoir payé des impôts toute ma
vie, il me faut encore en payer et même débourser plus que d’autres parce que
les gens du 3e âge sont plus à risque d’être malades que le plus
jeune de la société. J’aurais encore bien d’autres récriminations à exprimer,
mais ça n’en finirait plus…
Je vais donc montrer à ce gouvernement que la
démocratie existe encore et je vais effectuer un vote de protestation. Je connais
l’existence de 3 autres candidats représentant les partis libéral, adéquiste et
vert. Je choisirai en tenant compte de
la qualité de leur programme, de leurs représentants dans le comté et de leur
chef. Je crois que les péquistes auraient besoin d’une petite leçon d’humilité.
Comme ça fait trop longtemps qu’ils sont au pouvoir, ils ont oublié que
celui-ci leur vient du peuple souverain. Quelques années dans l’opposition ne
leur feraient pas de tort et leur donnerait le temps de revenir aux sources.
Pour ce qui est de l’indépendance du Québec, nous
avons déjà attendu plusieurs années qu’elle se réalise : quelques années
de plus ne pourront pas nuire plus qu’il ne le faut. C’est bien beau de faire
du Québec un pays, mais sait-on vraiment de quel genre de pays l’on veut se
doter?
Amicalement,
François Simard (2003-04-06)
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La première fois que j'ai
voté, j'étais à l'Auberge Fort Prével. J'avais fait deux années de cours par
correspondance à l'Université d'Ottawa et je devais continuer en résidence au
moins deux sessions pour obtenir le baccalauréat ès arts. J'avais donc demandé
un poste de cuisinière à l'Auberge et, comme il se doit, cela se faisait par le
biais du député de Gaspé-Sud, le docteur Pouliot, le ministre Chasse et Pêche
sous l'égide duquel ministère, à ce moment, les Parcs étaient administrés.
Fin avril, M. Gourdeau, le
directeur, vint me voir à la maison, me suggérant de choisir plutôt le service
aux tables; mais je me rappelle lui avoir suggéré que mon savoir-faire serait
mieux employé auprès des casseroles plutôt qu'auprès des clients, d'autant plus
que je ne tenais pas à soigner l'art de la présentation de ma personne et que,
d'avoir à apprendre les techniques dites féminines, ne me
« chaulait » guère!
Arrivés à Prével fin mai
1956, encore en période d'inscription électorale pourtant, le
« poll » Prével, dominé par les McCoy, des libéraux militants, on
nous a refusé l'enregistrement comme non résidents.
Mon père m'avait donc
enregistrée à Grande-Rivière. Le candidat unioniste est passé à l'Auberge et
m'a offert de m'amener voter à Grande-Rivière, puisque son comté était à
Cap-d'Espoir.
Il avait une américaine et
conduisait autant avec la pédale d'accélération qu'avec celle du frein.
Imaginez le passage à travers les Côtes de Percé! Assise en arrière, j'ai revécu les pires
moments des expéditions familiales...
Autant que je me rappelle,
j'ai voté Pouliot en 56 et Diefenbaker en 58.
J'ai rallié les libéraux
seulement en 1960, mais je n'ai pas fait partie du complot dans Taillon contre
Olivier (Trudeau) quand les péquistes ont voté créditistes en bloc au fédéral.
C'est un fait que l'attirance
d'une personne du coin qui a décidé d'articuler les intérêts communs et d'aller
les défendre au central joue dans la décision de voter. Quand tu fais partie du
comté de Saint-Lambert au fédéral, tu rêves d'une modalisation qu'apporterait
le vote proportionnel. Le Québec aurait
bien besoin d'une couple de ADQ de plus au parlement. Si l'on a remarqué
comment leur discours a influencé les autres partis, forçant ceux-ci à rester
en deçà de certaines enflures habituelles. La question maintenant, c'est :
Aurons-nous une continuation du débat de transformation des structures
administratives et sera-t-il possible qu'au sein des institutions, une réelle
collaboration régionale se développe?
Pendant les années 70 et
80, j'ai collaboré avec enthousiasme, et eu l'impression de bâtir un pays plus
juste où la participation à tous les niveaux pouvaient faire changer et la
représentation et l'influence, mais où les décideurs devaient être encadrés par
des règles de droit lesquelles permettaient l'inclusion des groupes articulés
et pertinents qui pouvaient en faire la démonstration. Mais j'étais en
Montérégie. Et j'ai bien vu aussi l'envahissement du fonctionnarisme et de sa
tendance à exclure des personnes si celles-ci ne peuvent ou veulent pas se glisser
dans les moules décrétés.
C'est un fait que les
minoritaires ont besoin de support financier pour développer leur présence et
percer les murs des privilèges, c'est aussi un fait que l'éducation politique
scolaire ne développe le savoir-faire que si une pratique assidue en temps réel
peut faire épanouir le talent. Les autres devraient se consacrer à écrire des
livres d'investigation.
C'est un point de vue de
minoritaire que j'expose ici. J'ai toujours voulu battre les dominants à leur
propre jeu et en passant à travers les trous. Je vois bien que je suis plus
anglaise que française dans ce point de vue, si l'on compare Blair et Chirac.
Cher frère, comme tu vois,
je n'ai jamais été politique. Peut-être parce que je n'ai jamais exercé le
pouvoir, comme les femmes veulent le démontrer. Le zéro-sum-game est un plaisir
viril que nous n'aimons pas et pour lequel le prix à payer nous semble trop
élevé puisque cela risque ne nous laisser seuls dans la dévastation. En effet,
quand il n'y a plus rien, où trouverons-nous les prochains adversaires avec qui
s'amuser?
Denise Imbeau (2003-04-18)
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